vendredi 31 janvier 2014

Jean du Lac : redresser une entreprise africaine

Dans ce billet Jean du Lac parle d’une de ses missions. Occasion pour le lecteur d’en apprendre un peu sur l’Afrique, ses entreprises et leurs besoins ?

Une situation compliquée
L’entreprise est un concessionnaire automobile, garage et atelier. 200 personnes, regroupées, en fait, en 3 entreprises (une par marque distribuée). Chacune avait son dirigeant, son directeur financier, ses comptables, ses équipes.
Elles appartiennent à un groupe international, qui veut la vendre. Car sa présence dans le groupe n’a pas de logique économique, sinon d’être la "danseuse" de son fondateur.
Seulement, l’entreprise est dans une situation difficile. Elle perd beaucoup d’argent. Un plan de licenciement a été décidé, mais pas appliqué. "Ses personnels ne travaillent quasiment plus ou mal". Une partie du personnel est en grève depuis plusieurs mois. Le comportement des représentants du personnel est suicidaire. Ils font courir les bruits les plus désagréables sur l’entreprise à la fois à l’intérieur, et à l’extérieur de celle-ci. Ce qui n’est pas bon pour ses affaires…

Redonner du sens
Le dirigeant de l’entreprise démissionne. Jean doit assurer un intérim et réussir la vente de la société. Au premier coup d’œil, il est clair qu’il faut restaurer la réputation de l’entreprise. C’est elle qui fait sa valeur. Et elle dépend beaucoup de la qualité du travail de ses ateliers. Mais aussi du climat interne. Il faut éradiquer le défaitisme qui le pourrit.
Alors, Jean est en permanence sur le terrain. Il prend une série rapide "petites" mesures qui frappent les esprits. Par exemple, il fait rénover l’accueil de l’entreprise. Il remplace le réceptionniste endormi, par une jolie femme dynamique. Il rationalise l’entreprise et ses ateliers. Il renvoie la plupart des expatriés chez eux, met à la retraite les personnels qui peuvent en profiter, promeut des cadres (dont deux femmes) jusque-là muselés. Il annonce un plan de départ négocié. Les représentants du personnel s’y opposent. La direction n’aura pas le courage de le mettre en œuvre, disent-ils. A la date annoncée, le plan est appliqué. Mais, Jean laisse deux jours à ceux qui voudraient profiter de sa précédente offre pour se manifester. Cette fois, les volontaires arrivent. Finalement, "ils représentent 100% des personnes concernées". Les représentants du personnel suivent.
En cinq mois, l’entreprise est transformée. Elle est redevenue rentable. On y travaille bien. L’ambiance est bonne. Les employés ont retrouvé un sens à leur vie professionnelle.

L'humain, pas la technique
Les employés de l’entreprise ont avoué à Jean qu’ils le trouvaient curieux. Il ne s’était pas comporté comme un Blanc. C'est-à-dire comme si son ethnie lui donnait une quelconque supériorité sur eux.

Jean du Lac croit que ce qui manque encore à l’Afrique, c’est la pratique du management. Pour le reste, techniquement, "ses cadres et ses employés sont souvent très bien formés". Ce sont de bons professionnels. L’entreprise africaine doit prendre confiance en elle. Et c’est là que nous pouvons l’aider. "En lui apportant notre expérience et en écoutant et intégrant nos différences".