vendredi 24 janvier 2014

Jean, l’Africain

Jean du Lac. Jean consacre aujourd’hui son temps à l’Afrique et à ses entreprises. A l’occasion d’un passage à Paris, je l’ai interrogé sur l’Afrique. Les journaux anglo-saxons ont-ils raison de dire qu’elle est la dernière « frontière » ? Comment participer à son développement ? Voici le premier de deux billets.

Un aventurier
Carrière paradoxale. Jean semble refuser le confort. Il démarre chez Ford. Immédiatement, il est remarqué. On lui promet une carrière météoritique. On lui propose un poste au siège de la société, Detroit. Son avenir est assuré. Mais il refuse. Il se lance dans l’entrepreneuriat. Pendant 30 ans, il va passer de projet en projet. Aujourd’hui, ses enfants ayant quitté son foyer, il vit une passion : l’Afrique. Il la connaît bien, pour y avoir passé beaucoup de temps. Il a surtout la particularité, pour un Français, d’être familier de toutes les Afrique. Aussi bien anglophones (il a rencontré Mandela !) et lusophones que francophones. Il y exerce trois types d’activité. Il est administrateur de société, il conseille des entreprises dans leurs opérations financières (levées de fonds, fusions acquisitions, etc.), et, pour une grande partie de son temps, il dirige le redressement d’entreprises. Le prochain billet sera consacré à ce sujet.

Quand l’Afrique s’éveillera ?
Pourquoi, soudainement, l’Afrique, homme malade du monde, est-elle l’endroit où il faut être ? Jean a toujours douté des idées reçues sur l’Afrique. Et si c’étaient elles qui avaient fait le malheur des Africains ? Pour lui, ni la richesse du continent, ni sa formidable croissance démographique ne sont les facteurs premiers du renouveau. Ceux-ci sont, d’une part, le retrait de l’influence extérieure (anciens coloniaux, USA et URSS, FMI et Banque mondiale) – elle fut désastreuse -, et le retour chez eux de cadres formés à l’Ouest et qui y ont réussi. Ils veulent transformer leur pays. Ce qui fait réussir l’Afrique, c’est que le changement, pour parler comme ce blog, est voulu par elle. Il ne lui est plus imposé (ou parfois moins) par les intérêts ou la bien pensance étrangers.
Cependant, parler de succès est prématuré. D’ailleurs, « l’Afrique » n’existe pas. Chacun de ses pays a une histoire propre. Le déclencheur du renouveau, c’est la rationalisation de l’Etat. Partout où l’Etat est dysfonctionnel, le chaos demeure. C’est, majoritairement, le cas en Afrique francophone. Elle ne parvient pas à se relever de la politique de De Gaulle et de ses successeurs. Ils ont joué des gouvernements comme de marionnettes.

Utilité d’un Français pour les Africains
Intérêt d’un Français pour les Africains ? Diriger et développer une entreprise est un art. L’Occident a des siècles d’expérience. Bien qu'il y ait de remarquables dirigeants africains c’est elle qui manque à l’Afrique. Cette expérience est plus humaine que technique. Car l’Afrique a des cadres et techniciens excellents. L’Occidental peut être utile à l’Africain s’il renonce à être missionnaire. S’il est un donneur d’aide, un catalyseur du changement. D’ailleurs, c’est moins les recettes du succès qu’on attend de lui, que le souvenir de ses échecs.

C’est ce que nous verrons dans un prochain billet.