samedi 1 février 2014

Et si Thucydide avait raison ?

Quand j'ai une minute, je lis La guerre du Péloponnèse de Thucydide. Fort bon livre fort bien écrit. Régulièrement, nos ancêtres se sont étonnés de sa modernité. Je ne ferai pas exception à la règle. 

Que dit Thucydide ? Les Grecs défont les Mèdes. Exploit extraordinaire pour un peuple de va-nu-pieds face à une superpuissance riche et centralisée. La victoire acquise, les cités grecques, Athènes en particulier, appliquent leur esprit d'entreprise au développement de leurs affaires. Rapidement, c'est la guerre du Péloponnèse. Athènes et ses alliés (en fait des cités asservies) contre le reste de la Grèce. Mais surtout, revirements d'alliance incessants, dans chaque cité les oligarques contre le peuple, et, finalement, tout le monde contre tout le monde, et chacun pour son intérêt. La médiocrité liquidant la valeur, Athènes, qui avait tout pour gagner, est défaite par sa propre incompétence. Mais il n'y a pas de vainqueur. Car toute la Grèce est exsangue. Alexandre n'en fera qu'une bouchée. Puis viendront les Romains.

Et le parallèle ? C'est la fin de l'empire soviétique. Depuis 25 ans, l'individualisme occidental s'est répandu sur le monde comme la vérole sur le bas clergé.

(L'Anabase de Xenophon semble n'être rien d'autre qu'une variante de la même leçon. United we stand, divided we fall.)