mercredi 5 février 2014

Politique de la famille

Hier, j'entends dire que le gouvernement retire une loi sur la famille. De quoi s'agit-il ? Voici ce que j'ai retenu des informations de France Culture ou Musique (mon seul lien avec le monde) :
  • Premier temps
    • J'entends parler de manifestations. Deux caractéristiques : beaucoup moins de participants que ce que disent les organisateurs ; ils protestent contre des mesures (PMA, GPA ?) qui ne sont pas dans le texte. 
    • On évoque une "théorie du genre" (qu'est-ce que c'est ?), pour nier qu'elle soit au programme.
  • Brutalement. Le texte est retiré. Des députés socialistes (France Culture / Musique n'interviewe qu'eux) le regrettent. Ils auraient aimé, si je comprends bien, discuter PMA, GPA. Ce qui semble vouloir dire que, si ce n'était pas dans le texte, il y avait un moyen de l'y mettre (amendement). 
Voici la fâcheuse impression qui ressort de tout ceci :
  • France Musique / Culture ment. Les manifestants, que j'étais prêt à prendre pour l'incarnation du mal, avaient-ils raison ? 
  • Le gouvernement essayait-il, effectivement, de faire passer, en sous-marin, un texte concernant la famille ?  S'en prend-il à des valeurs culturelles fortes pour au moins une partie de la population ? Et ce, sans débat démocratique, puisque la 5ème République est explicitement construite pour qu'il n'y en ait pas. 
Petit à petit, j'en suis arrivé à me demander si le combat de la gauche, d'une partie avancée de celle-ci ?, n'est pas de faire triompher quelque chose qui vient peut être de 68. Quelque-chose qui tiendrait de "il est interdit d'interdire", et, curieusement, d'un anti "travail, famille, patrie" de Pétain. Autrement dit, c'est le droit de l'individu de profiter de la vie sans contrainte aucune. (N'est-ce pas, au fond, ce que révèle la vie privée de notre président, ce que l'on n'attendait pas de lui, et qui choque parce que cela le fait passer pour un Tartuffe ?)

Mais profiter de la vie, signifie la lutte de tous contre tous. C'est le triomphe du plus fort. Nécessairement de l'oligarque, de celui que la société a placé en situation de l'exploiter. Étrangement, c'est une vision libérale du monde. Il y a longtemps, j'ai entendu La suite dans les idées parler de Michel Foucault. A la fin de sa vie, il s'était mis à lire les textes de Hayek et des libéraux (ceux que l'on appelle les néoconservateurs), et il avait été follement séduit. Il y avait trouvé sa quête de la liberté. Le refus de la société. Mais cette vision de la liberté n'est pas celle des Lumières, de Rousseau ou de Montesquieu. Pour eux, la liberté ne peut se réaliser que si l'homme est protégé de ce qui peut l'écraser. S'il doit lutter, il doit le faire à armes égales. Ces idées ne demeurent-elles pas, globalement, les nôtres ?
(Ce billet illustre probablement ce que disait une journaliste au sujet du président : "ceux qui ne savent pas parlent, ceux qui savent se taisent". Pour ma part, je crois que la démocratie, c'est parler, c'est le logos des Grecs, quitte à dire des bêtises.)