jeudi 15 mai 2014

Vertu et parasitisme, pour faire un monde ?

Recension d'un livre de Philippa Foot, philosophe anglaise spécialiste d'éthique.
selon Philippa Foot la structure conceptuelle propre à l’évaluation des êtres vivants reste toujours la même. On dit en effet des racines d’un chêne qu’elles sont « bonnes » parce que ce sont des racines robustes et profondes dont le chêne a besoin, parce que c’est un arbre grand et lourd. De même on dit de la volonté d’un homme qui a tenu sa promesse, alors qu’il avait la possibilité de ne pas le faire sans aucun risque de sanctions, que c’est une volonté « bonne », parce que c’est de ce genre de volonté dont les hommes ont besoin pour pouvoir vivre ensemble une vie proprement humaine faite de confiance mutuelle (p. 99-100). Et si cette bonté est dite « naturelle » dans les deux cas, c’est qu’elle est naturelle, au sens d’intrinsèque ou de spécifique, à l’être vivant considéré, le chêne ou l’être humain, dont on a par conséquent à chaque fois besoin de connaître les caractéristiques principales.
(Vincent Boyer, « La grammaire du bien », La Vie des idées, 7 mai 2014. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/La-grammaire-du-bien.html)

Je comprends que la raison est le propre de l'homme, et que, à partir du moment où il a décidé d'un projet de société, il doit faire ce qu'il faut pour le respecter, et le faire vivre. C'est la vertu. Ce qui me semble être une démonstration qu'il existe une morale et qu'elle est absolue pour une société donnée.

S'ensuit une discussion de deux exceptions. L'immoraliste, dirigé par son intérêt, et le méchant heureux, l'heureux gardien de camp de concentration, par exemple.

Pour ce dernier, je ne vois pas de contradiction. Il est vertueux eu égard au projet de société auquel il adhère. Ce qui n'a rien de nouveau. La plupart des peuples se sont appelés les "hommes" sous-entendant que les autres hommes n'en étaient pas, et donc que l'on pouvait en faire ce que l'on voulait. Les Indiens ont-ils une âme ? fut la controverse de Valladolid.

Quant au premier, il me semble que, dans un modèle de société donné, il y a deux types de personnes. Les vertueux, qui agissent pour le bien de la société, et les parasites qui ne voient que leur intérêt. Les deux sont à la fois utiles et dangereux :
  • Danger du vertueux : une société qui respecterait parfaitement ses rites serait incapable de s'adapter à ce qui lui est extérieur.
  • Mérite du parasite : il force la société à se défendre, à interroger ce qu'elle croit réellement, à dépoussiérer ses principes fondateurs.