samedi 14 juin 2014

Chant du cygne du syndicalisme français ?

Hier, voyage à Villepinte. Arrivée à la station RER de St Michel. Je découvre que la grève de la SNCF n'est pas terminée. Un train sur trois. J'attends. Mais les panneaux n'annoncent jamais plus loin que gare du nord. Au bout d'un moment, je me dis que c'est là que tout doit se jouer. Effectivement. Mais où aller, ensuite ? Voies 31, 32, au dessus, dit un grand noir de la SNCF. Rassurant et efficace. Il lui faut peu de mots pour diriger le troupeau désorienté qui débarque du train. (Nous aurions besoin d'un grand noir rassurant à la tête du gouvernement, me suis-je dit. Mais, j'imagine que le PS jugerait ma proposition une haïssable discrimination...).

J'entre dans un train. Il se remplit mais ne part pas. Puis, j'entends que ce n'est pas le bon. Les agents de la SNCF le confirment. Il faut aller de l'autre côté du quai. Je regarde les panneaux : ce n'est pas la bonne direction ! Les touristes sont furieux. Ils vont d'un train à l'autre, chargés de bagages. Finalement, on est parti. A petite vitesse d'abord. Puis, dès que le wagon se vide un peu, un chanteur se produit. Façon Ghetto-blaster. Je sens les vibrations de la sono dans les pages de mon livre (de circonstance : la faculté de juger de Kant). Mais je suis arrivé à l'heure. Comme quoi ma manie de l'avance a du bon !

Enseignements ? La France se donne en spectacle ? Ou illustration du ritualisme ? Le seul mode d'expression des syndicats de la SNCF, c'est la grève ? Comportement suicidaire ? En tout cas, entre les jours fériés, durant lesquels les entreprises s'arrêtent, et les grèves, il ne fait pas bon être entrepreneur ou travailleur précaire en France. Mais c'était une bonne illustration de ce dont j'allais discuter à Villepinte. Nous devons nous habituer à un monde déréglé. Finie la France d'après guerre qui nous avait mis dans un cocon. Comme le judoka, il faut s'inscrire dans le mouvement des choses. Donc apprendre à apprécier la SNCF, tant qu'elle a encore des syndicats, et les Ghetto-blasters, nous pourrions en avoir besoin pour gagner notre pain, demain.