lundi 28 juillet 2014

Que changer en France ?

Mes rencontres du moment me font me demander si la Fondation Condorcet, qui en est une, n'a pas trouvé le mal de notre pays. 

Je perçois deux messages dans son discours :
  • Fondamental : la compétence est en bas. Illustration. Entreprise en quasi faillite. En désespoir de cause, son dirigeant a l'idée de demander à ses collaborateurs s'ils peuvent faire un petit quelque chose pour elle. Surprise. Ils savent comment la redresser. Mais, on ne leur a jamais demandé leur avis, alors ils ne l'ont pas donné. On croirait entendre mes livres, et les sujets sur lesquels je travaille en ce moment. 
  • Notre système d'enseignement éjecte une grosse partie de la population. Perte de compétence.
Ce dernier point me semblait, à tort, secondaire. Il m'est revenu en mémoire lorsqu'un ami m'a raconté l'histoire d'un de ses enfants. Le divorce de ses parents le bouleverse. Il ne parvient pas à demeurer dans le cursus scolaire classique. Il bascule dans le professionnel. Et là, c'est le drame. Il devient le souffre douleur de sa classe. Il est sauvé in extremis par la détermination de son père. 

Ce que j'entends (peut-être à tort) est qu'à côté de l'école ordinaire, il y a un "non man's land" peuplé d'animaux. Ces enfants, livrés à eux-mêmes, recréent une société sauvage. Le fils de mon ami avait probablement le tort de ne pas leur ressembler. Et surtout d'être particulièrement fragile. Ce qui me rappelle aussi mon enfance à Argenteuil. J'y ai côtoyé des élèves qui commençaient à ressembler à cela. 

Ce qui ne va pas ici n'est pas tant la perte de compétence que subit l'économie du fait de l'indigence de notre système scolaire, c'est surtout de laisser partir à la dérive tous ces êtres humains. 

Ce qui ne va pas dans notre société, c'est qu'elle s'est mise à considérer que ceux qui occupaient certaines positions sociales avaient des talents essentiels, qui leur donnaient le droit de mépriser, et de détruire, leurs prochains.