samedi 23 août 2014

Administration : syndrome France Télécom ?

J'analyse un changement dans l'administration. Que vois-je ?
  • L'Etat de gauche poursuit des réformes de droite, avec, il me semble, une vigueur que n'avait pas son prédécesseur.
  • Il demande des gains de productivité invraisemblables (près de 20% en 4 ans), avec en plus suppression d'effectifs (non renouvellement des départs à la retraite). Et ça passe... 
  • Cela semble valider les thèses des libéraux. "Le changement pour le changement". Effectivement, le changement (quand il est bien mené) secoue la poussière et fait découvrir des inefficacités patentes et des situations de rente. Surtout, il ouvre des perspectives de carrière, il stimule l'intelligence. 
  • Seulement, on est arrivé très très loin. Même les plus terroristes des acheteurs de l'automobile ne demandent pas des gains de productivité de plus de 2% par an...
Cela commence à devenir dangereux :
  • Si l'on sait mesurer les économies, on ne voit pas leurs conséquences. Irresponsabilité. Or, il y a bien souvent des vies en jeu. (Cf. la santé.)
  • L'industrie a compris que le gain de productivité était produit par l'investissement. Visiblement, cette idée de bon sens n'a pas percuté l'intellect de l'administration. Or, vouloir des gains de productivité sans investissement signifie injonction paradoxale et suicide... 
  • En outre certaines mesures sont clairement déflationnistes. L'administration ne veut pas licencier. Ce serait mal vu. Du coup, indirectement, elle force ses fournisseurs privés à le faire. De plus, elle leur impose de réduire leurs prix sans gain de productivité. Ce qui est exactement la définition de déflation.
D'où question : les réformes qui sont faites sont-elles les bonnes ? Le changement actuel prend beaucoup de risques pour peu de résultats. S'est-il attaqué aux réelles sources d'inefficacité ? Et si c'était les grands gaspilleurs qui avaient la haute main sur le changement ?