samedi 30 août 2014

Le pragmatisme de William James

JAMES, William, Le pragmatisme, Flammarion, 2007.

La grande idée du pragmatisme, c’est que la vérité est un outil. Elle doit nous emmener dans des aventures enrichissantes. C’est un ensemble de concepts cohérents les uns avec les autres, que nous mettons au point en fonction de nos besoins. « Il n’y a pas de vérité objective pure. »

Le pragmatisme se définit comme une méthode de construction de la vérité. C’est, me semble-t-il, la méthode qu’utilise la science.

C’est une vision qui accepte toutes les autres pensées, dans la mesure où elles peuvent être utiles, et n’entrent en contradiction avec rien de ce qui a démontré son intérêt. Car il y a un peu de latitude dans la vérité. La vérité est construite par l'homme, c'est « un moyen d’échapper à la confusion dans laquelle le plonge le flux irrémédiable de la sensation ». La vérité est ce qui nous permet de vivre. En cela elle doit non seulement nous faire réussir dans le monde, mais, aussi, nous apporter un confort psychologique sans lequel il n’y a pas de vie pleine. Ainsi, les « esprits délicats », qui trouvent laide la réalité et ont soif d’absolu, se font rationalistes ou religieux. Les « esprits endurcis », quant à eux, sont des empiristes : la vérité telle qu’ils la voient leur convient.

Pour le pragmatiste, les conséquences sont la seule chose qui compte. Il définit toute notion par ses conséquences. Pour lui, l’essence ne pouvant pas être connue n’a aucun sens. Il n’existe pas d’idées absolues, de vérités absolues que l’esprit seul pourrait voir.

En fait, le pragmatisme n’est pas qu’une méthode. C’est une philosophie de l’action. Il hait la métaphysique qui ne débouche sur rien, sinon la paralysie. Quant à la religion, il semble lui dire : « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Le pragmatisme est « mélioriste ». C’est la philosophie d’un homme, conscient de sa faiblesse et de son imperfection, qui caresse le rêve insensé de réaliser, par ses moyens, collectifs, propres, à force de travail, l’idéal de la religion. « Monde dont la perfection (est) soumise à la condition que chacun de ses agents doit « faire de son mieux »  (…) projet social fondé sur un authentique travail de coopération ». Et cela, sans religion, donc, et sans être certain qu’il existe un paradis. Et sur terre. Et sans avoir la prétention de tout sauver, car tout en nous n'est probablement pas bon. Et il peut y avoir de la casse. 

Une utopie ?, me suis-je demandé. Pas certain. « Le monde est totalement malléable, il attend que nous lui apportions, de nos mains, les dernières touches. » Nous créons, au moins en partie, la réalité, et il ne tient qu’à nous de trouver un agencement de celle-ci qui réalise l’optimum humain ? Un optimum d'une action qui se nourrirait d'elle-même ?