mercredi 20 août 2014

Manipulation et conduite du changement

Dans mon précédent billet je disais que l'homme semble avoir la capacité de créer une sorte d'opinion publique artificielle, et de calquer son comportement sur elle. Cela est généralement utile. Exemples :
  • Expérience de Thomas Schelling : si vous donnez une carte à des membres d'un groupe dispersé et leur demandez où sont susceptibles d'aller les autres, un grand nombre va indiquer un même endroit (une fourche d'une rivière, par exemple). Ils peuvent ainsi se retrouver sans avoir besoin de communiquer. (Cf. "les grands esprits se rencontrent".)
  • Le langage. On n'écrit pas ce que l'on pense, mais ce qui est susceptible d'être compris. (C'est pourquoi, j'essaie de simplifier mon vocabulaire. Et de réduire la longueur de mes phrases.)
Mais cela paraît aussi avoir des effets indésirables. Une forme de résistance au changement. Ainsi, mes missions de conduite du changement amènent souvent les membres d'un groupe à découvrir 1) qu'ils ne pensent pas ce qu'ils croient "qu'il faut penser" ; 2) mais que ce qu'ils pensent réellement est aussi ce que pensent les autres. 

Il est donc possible que "l'ancrage" puisse prêter à la manipulation. L'exemple de Bernard Madoff. Il aurait laissé entendre que son activité légale lui donnait accès à une information illégale. Voilà pourquoi il gagnait beaucoup. On lui donnait donc de l'argent, pour profiter de son illégalité. Mais, aussi, on avait tout intérêt à ce qu'aucune enquête ne soit faite sur la question. Une minorité, habile, pourrait ainsi exploiter une majorité.

Utiliser la stupidité de la foule n'a cependant pas que des avantages. En effet, quand elle découvre qu'elle a été bernée, la dite foule est prête à écouter le premier démagogue venu. Serait-ce ce qui fait le succès des partis extrémistes un peu partout en Occident ?