dimanche 10 août 2014

Réinventer le système éducatif français

Je crois de plus en plus que nous devons refuser (après examen) une partie de notre héritage. J’ai parlé ailleurs de l’arrogance royale française (« grandeur de la France ») qui nous vaut depuis des siècles la haine, maintenant le mépris, du monde. Il me semble aussi qu’il faut s’attaquer à une autre vache sacrée : le système éducatif de la IIIème République. Il avait une force : une forme d’ultra élitisme égalitariste. Mais il a été parasité, si bien qu’il n’y a plus d’ascenseur social. Il ne reste plus qu’une médiocrité d’autant plus consternante qu’elle semble se réjouir de son malheur.

Ce système avait, jusqu’à 1968 (ou plus exactement jusqu'aux réformes qui l'ont précédé), deux objectifs. L’un, braillé bien fort, était de former des gens capables de penser par eux-mêmes, gage de liberté. L’autre, dissimulé, de préparer chacun à sa place dans la société. Cet autre système avait deux branches. L’une formait une sorte d’aristocratie de la pensée ; l’autre des gens de la pratique. C’est cette seconde branche qui a été coupée par 68. Résultat : des incompétents ayant des complexes de supériorité d'une part, des exclus de l'autre. Car notre enseignement n’a aucune utilité pratique, au mieux, il forme des exploiteurs, i.e. des gens qui ne peuvent rien faire de leurs dix doigts. Sans compter que le système, écrasé par la masse et l’idéologie, n’arrive plus à enseigner quoi que ce soit d’un peu élevé. Résultat : France de moutons et de sectes.

En fait, tout est monté à l’envers. L’éducation initiale devrait avant tout nous préparer à notre rôle social. Elle devrait chercher à développer nos talents sociaux, donc de façon à nous aider à trouver une place qui nous aille et qui profite au groupe. Quant à la liberté et à la pensée individuelle, c’est le travail d’une vie. Là, l’éducation devrait nous placer dans des circonstances qui fassent de nous des chercheurs, des « in quiets », et nous « apprendre à apprendre ». Puis la société devrait mettre à notre disposition les outils de notre enquête. (Ce qui est, aux USA, l’objet de Wikipedia et des MOOCS.)

Première question : quel modèle de société voulons-nous ?