lundi 13 octobre 2014

Conférences Macy

Découverte : les conférences Macy. Un sujet qui devrait me toucher. De 46 à 53, tout un tas de gens que j’ai découverts en étudiant le changement se réunissent dans ces fameuses conférences. Ce sont les éminences de la systémique, ou, plutôt, de la cybernétique.

Mais, là où les choses prennent un tour que je n’avais pas prévu, c’est qu’ils semblent avoir une idée derrière la tête. Ils cherchent à faire triompher le modèle américain sur le soviétique. Et ce modèle, c’est le conservatisme et l’individualisme. Son ennemi ? La prétention que l’homme peut changer son sort.

Ce qui plait dans la cybernétique, ce sont ses boucles de rétroaction. Ce qui qui garantit l’homéostasie. Elles signifient que l’équilibre, c’est le bien. Que c’est l’homme qui doit s’adapter à la société, et pas l’inverse : « à un moment où l’innovation sociale était découragée, ces idées fournissaient aussi une explication réaliste de la société, centrée sur ce qui est et non sur ce qui fut ou pourrait être, en grande partie indépendante de la volonté humaine, dans laquelle les individus devaient s’adapter à l’état des choses, décourageant toute forme d’action sociale ayant pour objectif le changement. »

Encore plus inquiétant : « puisque les guerres commencent dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que la défense de la paix doit être construite ». En outre, cette période est le triomphe de la machine et de l'ingénieur. On pense que l'homme, lui aussi, peut-être programmé. Qu'il y a, quelque part, un levier sur lequel jouer pour le rendre pacifique. 

Ces conférences furent-elles un événement isolé, ou appartiennent-elles à un mouvement général ? Et si la société des Trente glorieuses avait résulté d’une volonté de conditionner l’être humain (par la cybernétique ou autre). Du désir de nous transformer en moutons ? Projet qui aurait, au moins partiellement, réussi ?

(Mes citations viennent d’ici.)