jeudi 9 octobre 2014

Qu’est-ce que l’autorité ?

Débat mystérieux. Depuis quelques-temps j’entends parler « d’autorité ». On s’étripe en son nom. Et c’est un très vieux débat. Hannah Arendt en parle déjà en 1961. Voici ce que j’ai fini par comprendre.

L’autorité est de droite. Elle signifie qu’il y a une forme de bien, que l’homme ne le connaît pas spontanément, et qu’il faut le lui enseigner, sans faire appel à son libre arbitre. La gauche se révolte. Totalitarisme ! L’homme naît avec une personnalité et des talents, qu’il s’agit de développer.

Comme d’habitude, je pense que gauche et droite ont à la fois tort et raison. Elles ont raison lorsqu’elles critiquent la théorie adverse, mais faux lorsqu’elles croient détenir la vérité.

Pour ma part, je suis favorable à la théorie de Maslow. Pour lui l’homme est comme un arbre. Au début, il faut le nourrir, le protéger. Ensuite, il donnera ce qu’il est le seul à pouvoir donner.

Cependant, l’application de tout ceci est compliquée. La phase autoritaire doit être bienveillante, et non un lavage de cerveau. En outre autorité ne signifie pas qu’enseignement d’un savoir, c’est aussi fournir des conditions favorables à l’apprentissage. Une salle de classe ne peut pas être un chaos.

Aujourd’hui on a probablement le pire des mondes. L’enseignement est à la fois terriblement dogmatique, et vide de sens, il déforme plus qu’il ne forme et, en même temps, il est sans autorité.  

(Suite de mon billet sur Michel Serres. Par ailleurs, la meilleure façon d'interpréter ces théories est probablement comme des sophismes qui visent à défendre un intérêt.)