samedi 15 novembre 2014

Analyse systémique de la crise

Cette crise est un cas d'école de systémique ! La politiques des banques centrales a l'effet opposé de celui qui était prévu. 

Pourtant tout part d'un principe en béton. Une quasi tautologie. Il ne s'agit même pas d'économie, mais de bon sens. Les banques centrales créent de la monnaie pour pousser l'inflation. Effet évident : si vous avez une masse monétaire de x et des prix p, avec 2x les prix sont 2p. (Puisqu'il y a toujours les mêmes choses à acheter avec deux fois plus d'argent.)

Or cela accélère la déflation ! Pourquoi ? Parce que les banques centrales achètent des emprunts d'Etat, ce qui fait baisser le rendement de ceux-ci. L'argent va donc se placer ailleurs, notamment dans les actions. En quittant le pays, il fait baisser le taux de change. Avantage concurrentiel pour les entreprises locales. Mais le supplément de rentabilité obtenu n'est pas réinvesti. Et les pays étrangers, confrontés à cette concurrence, doivent baisser leurs coûts salariaux. Déflation. Et demande d'aide à leur banque centrale... 

Où est le bug ? C'est que la société ne crée plus, elle détruit, elle brûle son patrimoine. Irresponsabilité comme principe de vie. Les banques centrales, en prétendant résoudre seules les problèmes du monde, ne font qu'encourager cette irresponsabilité. La crise n'a pas une cause économique, mais humaine

(C'est ce que dit Mme Merkel. Malheureusement, son pays a réagi à ses propres problèmes par des mesures déflationnistes : il est devenu compétitif par réduction de salaires, délocalisation, et diminution de ses investissements productifs. Aujourd'hui nous n'avons que des exemples de ce qu'il ne faut pas faire. Y compris, d'ailleurs, chez des économistes hétérodoxes comme Paul Krugman.)