vendredi 28 novembre 2014

L'abstraction, mal de l'éducation française ?

Mais pourquoi diantre la systémique n'est-elle pas enseignée tôt et comme une matière fondamentale ? C'est simple à comprendre, et elle joue un rôle capital dans nos décisions. Nos dirigeants ne seraient-ils pas plus habiles s'ils l'avaient rencontrée dans leurs études ?  

Ce qui me ramène à une constatation de Pierre Veltz. Ce qui a fait le succès initial de Polytechnique puis de Centrale n'était pas l'intellect de ses élèves, mais le fait qu'on leur enseignait les dernières évolutions d'une science appliquée. On leur donnait des outils efficaces. Curieusement, toutes nos grandes écoles ont ensuite dérivé vers l'abstraction. Mythe du philosophe gouvernant de Platon ? Ce qu'on enseigne n'a pas plus aucune utilité sinon la sélection d'esprit subtils (avec subtil = capables de résoudre les problèmes qu'on leur donne). Et si l'on commençait par se demander ce qu'il serait utile que les gens sachent ? (Mais aussi, ce qu'ils peuvent apprendre par eux-mêmes, et qu'il n'est pas important de leur rabâcher pendant leur scolarité.)

(En fait, on ne devrait pas apprendre la systémique, mais la réapprendre. Je pense que c'est notre enseignement qui nous fait perdre des réflexes plus ou moins naturels. Trained incompetence disait Veblen.)