dimanche 23 novembre 2014

Origine des malheurs d’AREVA

La semaine dernière, j’entendais parler d’une valse de dirigeants d’Areva. Du coup, j’ai cherché quelques articles sur la question. (Référence principale : un article de Challenges.)

L’entreprise a l’air dans de mauvais draps. Au bord de la faillite ? La gestion de Mme Lauvergeon serait critiquée. Deux choses me surprennent.
  1. Les chantiers finlandais et de Flamanville semblent totalement incontrôlés. Cela me rappelle mes débuts dans l’informatique : quand un projet dérape, c’est qu’il est aux mains d’un amateur…
  2. La perte de contrat des Emirats Arabes face à une entreprise « qui n’avait jamais construit de centrale ». C’est étrange : le nucléaire est supposé être dangereux, qui prendrait un tel risque ? Si Danone se mettait à construire des avions y monterions-nous ? (Il faut dire qu’à l’heure du marché roi tout le monde peut faire n’importe quoi.)
M.Varin, nouveau président d'Areva, parle de filiale de défaisance, afin de se débarrasser des projets compromis.

J’en suis arrivé à me demander s’il n’y avait pas un double phénomène en jeu. D’abord, une politique d’EPR qui ne correspond pas aux attentes d’un marché que l’on ne connaît pas. Deuxièmement, une organisation ressemblant à celle de l’Etat français. Autrement dit de grands seigneurs à l'esprit abstrait qui décident sans connaître la réalité du métier. Et des opérationnels qui essaient de se débrouiller, sans moyens et sans organisation, par leur capacité à l’exploit. Jusqu’ici, quand cela ne marchait pas, on demandait une rallonge à l’Etat. Mais, l’EPR était peut-être beaucoup trop complexe pour procéder de cette façon, et le client n’est plus un Etat aux poches profondes. A creuser.

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"VOA Markosian - Chernobyl02" by VOA Photo / D. Markosian - D. Markosian: One Day in the Life of Chernobyl, VOA News, photo gallery.. Licensed under Public domain via Wikimedia Commons.