jeudi 12 mars 2015

Carlos Ghosn

Carlos Ghosn parle du redressement de Nissan à Stanford (excellente vidéo). Surprenant comme cela correspond aux situations qui font l'essentiel de ma vie, et à ce que je dis sur le changement, et que l'on ne comprend pas.
  1. La situation : l'entreprise est dans le rouge. Il n'y a aucune raison fondamentale pour cela. La solution est "à l'intérieur" de l'entreprise. Elle doit la connaître.
  2. Et surtout, si la solution vient de l'intérieur, elle sera appliquée. Alors qu'elle ne le sera pas si elle vient d'un consultant. 
  3. Carlos Ghosn mène l'enquête. Seul, apparemment. 
  4. Comme d'habitude cette solution est évidente. Ne serait-ce que parce que les modèles économiques des constructeurs sont les mêmes, et que l'on sait immédiatement où il faut chercher. Mais, comme d'habitude, cette solution consiste à faire ce que l'on dit qu'il est impossible de faire (mystérieuse "culture japonaise"). Seulement, en y regardant d'un peu plus près, on découvre qu'il y a une manière de faire "légalement" (en respectant les règles culturelles) ce qui semblait interdit.
Mais je suis prudemment enthousiaste :
  • La solution trouvée par M.Ghosm est-elle totalement "légale" ou a-t-il cassé un mécanisme dont la nécessité se fera sentir à long terme ? Pourquoi cela marchait-il pour Honda et Toyota et pas pour Nissan ?
  • A-t-il constitué autour de lui des gens qui sont capables de faire comme lui ? C'est à dire l'entreprise est-elle dans un processus d'amélioration et de remise en cause permanente, ou ne réagit-elle qu'aux crises, pour la résolution desquelles il demeure une pièce centrale ? Les membres de l'entreprise disent-ils "nous", ou pensent-ils, "je" suis Nissan, Renault, ou, encore, "je" pourrais être VW ?...
  • Il parle de "discipline", il connaît son agenda sur un an. Mais n'y a-t-il pas danger de "ritualisme" ? De développement d'une rigidité incompatible avec l'innovation et la gestion, à temps, de crise ?