mardi 10 mars 2015

Discours de la servitude volontaire, La Boétie

On ne sait pas si La Boétie (1530, 1563) avait 16 ou 18 ans lorsqu’il a écrit ce texte, du moins sa première version. En tout cas, plus de 500 ans ne lui ont pas fait perdre son actualité. En outre, tous les thèmes des Lumières sont là. Peut-être fut-il, à un temps ou la féodalité disparaît, le premier des modernes ? (LA BOETIE, Discours de la servitude volontaire, Garnier Flammarion, 1983.)

La question que se pose La Boétie est celle de la « servitude ». Ce que l’on appelle aussi l’aliénation. Pourquoi faisons-nous le jeu de quelqu’un qui nous exploite ? Mais, surtout, pourquoi acceptons-nous de troquer notre « état naturel » de liberté contre l’esclavage ? Le plus surprenant est que la dite personne n’est pas un surhomme, mais ce qui se fait de plus vil. Et, plus encore, que sans nous, elle ne pourrait rien faire ! C’est nous qui commettons ses turpitudes ! Conclusion : ne faîtes rien, ses forces lui manqueront !

La Boétie démonte le mécanisme de la servitude volontaire. Premier coupable : la coutume. L’homme s’habitue à servir et s’amollit. Second coupable : la société est gagnée par le vice. La lie de l’humanité se regroupe, dans une hiérarchie de dépravation décroissante, autour du pouvoir et contrôle le pays. Ces gens vivent dans la crainte.

(Idéal type : le Slave ?, mais ce phénomène n'est-il pas présent un peu partout ?)