dimanche 22 mars 2015

Interrogations agricoles

L'autre matin j'entendais un invité de France Culture dire que la négociation du traité de libre échange avec les USA allait tuer la PAC. Que les Américains voulaient s'approprier le marché agricole européen. Ce qui pourrait avoir de conséquences graves pour notre économie et pour la qualité de notre nourriture. 
Le Partenariat transatlantique pour le commerce et les investissements est méconnu et ce projet de traité de libre-échange entre l’Union européenne (c’est la commission qui négocie) et les États-Unis reste opaque pour le grand public. Pourtant, avec réticence, l’Union européenne a publié son mandat de négociation à l’automne dernier, sous la pression des citoyens d’ailleurs. On attend du traité plus de croissance, plus d’emplois et la réduction des coûts réglementaires et des barrières non tarifaires. Mais il s’agit aussi d’un bélier américain pour casser des législations nationales et imposer un arbitrage international privé. Entre autres secteurs clés, la Politique agricole commune (PAC) est particulièrement exposée. Invité : Thierry Pouch, chef du service des études économiques et de la prospective à l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture de Paris. (Les enjeux internationaux.)
Depuis quelques temps, j'ai l'impression que le monde agricole pourrait être face à un changement radical, qui ne dit pas son nom. De la ferme familiale à l'entreprise industrielle ? 

Est-ce la faute des Américains ? Mon expérience du changement me dit que ce n'est pas l'ennemi qui est la première cause de la défaite, mais son propre camp. Et dans le camp européen, il y a des agriculteurs industriels qui n'ont peut-être rien à craindre des Américains, au contraire. Et ce, y compris en France : la FNSEA est apparemment dirigée par le patron d'une multinationale pro OGM. 

La petite exploitation va-t-elle disparaître ? Et si les coopératives "conduisaient le changement" et organisaient leurs adhérents, et leurs possessions, en des entreprises industrielles agressives ? 

(Une fois de plus cela montre que l'homme est bien peu de choses face aux grands bouleversements de la société !)