mercredi 4 mars 2015

L'empire du langage

Petit à petit, je découvre que toutes les théories modernes disent que le langage est tout. Et donc que le monde n'est qu'une illusion puisqu'il suffit de modifier ce que l'on en raconte pour le changer. Conséquence :
  • Une attaque en règle de tout ce qui a fait "autorité" (mot important) : religions, science...
  • Paradoxalement, tentative de création d'un nouvelle forme d'autorité, d'un univers qui nie la société et place au premier plan le "marginal", le "déviant" qui refuse de contribuer à la marche de la société, mais pas d'en profiter. 
  • Perte d'autorité des intellectuels, porteurs de cette doctrine. Puisque eux-mêmes affirment que leur parole est aléatoire. Ce qui explique que nous n'ayons plus aucun penseur digne de ce nom? 
Bien entendu, tout ceci ne tient pas. Nous pouvons dire ce que nous voulons, nous ne pourrons jamais supprimer l'existence des virus ou faire des voyages intergalactiques. En outre, nous ne sommes pas pilotés par des paroles, par la seule raison, mais par un inconscient collectif.

En fait, le phénomène n'est pas limité aux intellectuels. A y bien réfléchir toute la société s'est raconté des fariboles. C'est peut-être pour cela que l'on a parlé de l'égalité homme / femme sans rien faire pour qu'elle survienne. Pour prendre un exemple. Pour nos pères tout a été une question d'incantation. Il suffisait qu'ils veuillent que nous soyons heureux pour que ce soit le cas. Autre exemple. 

Il semble que cette vision du monde, libertaire ?, s'oppose à un modèle dirigiste et déterministe, d'ordre, construit sur la science, et qui prétendrait connaître la seule bonne façon de marcher. Ce serait la raison qui l'indiquerait, et la science lui serait associée. Cette alternance est peut-être une forme d'action et de réaction. Après les Lumières, il y a eu la réaction du romantisme. La crise d'avant guerre a amené un dirigisme grandissant, qui a culminé avec la technocratie triomphante, étouffante ?, d'après guerre. Puis l'ère du langage est revenue.