samedi 14 mars 2015

Murés dans nos préjugés ?

Une amie transmet "la méthode Münchhausen" à un éminent universitaire français. Il n'en retient rien. Et est visiblement crispé par le nom "Münchhausen" qu'il semble associer à quelque-chose de désagréable. (Un camp nazi ?) 

Étrange. Car il n'y avait pas grand chose à comprendre. Ce rapport est un constat : nous sommes en période de pénurie. D'où question : quelles sont les techniques de management utilisées dans ces périodes ? D'où rappel de méthodes connues. Si le professeur Schmitt et moi avons fait référence aux aventures du baron de Münchhausen, c'est pour apporter un peu de fantaisie à un texte aride. Nous voulions trouver une image amusante qui permette d'entendre que l'on peut faire "plus avec moins". Se soulever de terre en tirant sur ses lacets s'appelle bootstrapping en statistiques. Mais cela ne me semblait pas assez littéraire. Sans compter que "Münchhausen" est aussi employé par Paul Watzlawick, une des sommités de la psychologie moderne. (L'éminence vient des sciences humaines...)

Je me demande si l'on n'a pas là une des caractéristiques du moment. Nous sommes figés dans nos certitudes. Et lorsque nous rencontrons quelque-chose d'un peu compliqué nous cherchons tous les moyens de le discréditer, afin de ne pas avoir à faire fonctionner notre cerveau. 

(Au moment où j'écrivais mon premier livre, il y a une quinzaine d'années, j'ai contacté plusieurs gourous internationaux des sciences humaines (dont un "gourou des gourous" !), en ne faisant guère plus que de poser une question et en signant de mon nom. Tous m'ont répondu fort aimablement. Il en a été de même pour quelques universitaires français. Une mesure de QI à laquelle n'avait pas songé Binet ?)