mercredi 4 mars 2015

via negativa

la définition négative de la paix comme absence de violence est la seule qui ne soit pas inhumaine, alors que toute définition positive conduit nécessairement à la violence et à un déni d'humanité. (Travaux de Robert Spaemann cités par Paul Watzlawick, ici.)
Cette idée d'encadrer l'autonomie de l'homme par des "définitions négatives" me frappe de plus en plus comme étant, peut-être, le moyen d'éviter les cercles vicieux qui nous pourrissent la vie et qui mettent la survie de l'espèce en péril. C'est la technique de Nassim Taleb appelle, ici, "via negativa". Rien de neuf, me direz-vous. C'est déjà comme cela que procèdent les dix commandements. 

Je tourne autour de cette idée depuis longtemps. Je crois que la première fois qu'elle m'est venue, c'est au sujet des compétitions sportives. Ces compétitions, qui sont supposées sélectionner le "meilleur", n'ont fait que corrompre le sport, en produisant des drogués. Il en est de même des théories qui traitent d'excellence. Ou de celles, comme le Marxisme, ou, plus récemment, le néolibéralisme, qui nous prédisent la venue de Dieu sur terre. Au fond, la maladie de l'humanité moderne, peut-être de la raison, c'est l'utopie. 

Autre curieuse remarque. Mon cours de conduite du changement ressemble aux dix commandements. Tout se déduit d'erreurs. Si on ne les fait pas, alors l'intuition de l'homme normal est suffisante pour qu'il réussisse.