lundi 6 avril 2015

Amazon ou les effets pervers de Big Data ?

J'achète de moins en moins chez Amazon. Bizarre. Pourquoi ? En effet, c'était devenu une habitude. Cela a commencé à une époque où Amazon n'était qu'aux USA. Mes lectures correspondent à une recherche. Et Amazon m'a proposé des travaux que je n'aurais pas trouvés par moi-même. (Vous aviez entendu parler de Franck Knight, vous ?) Une fois le livre identifié, ce qui me faisait passer commande, c'était les commentaires. Pas ceux des clients, quoi qu'ils soient très bons aux USA, mais ceux des universitaires à qui les éditeurs américains demandent un avis. Et la quatrième de couv, généralement excellente. 

Il y a deux raisons pour lesquelles mon comportement d'achat a changé, je crois.
  1. J'ai redécouvert une librairie du quartier latin qui fait une sélection excellente de livres de sciences humaines. Ma R et D, c'est elle.
  2. Les recommandations d'Amazon ne fonctionnent plus. Peut-être leur ai-je fait perdre la boule en achetant pour d'autres que moi ? (Des cadeaux à des enfants ou a des amis ?) Mais, même quand il ne fait pas un hors sujet, Amazon tend à me proposer de l'ancien (à un moment : les livres que j'ai écrits !), alors que je cherche ce dont je n'ai pas idée ! Et si c'était un exemple des effets pervers de Big Data ? Amazon a maintenant tellement de données qu'il est incapable d'en déduire quoi que ce soit ? Il y a plus de bruit que de signal ?  
(Ce qui demeure inégalé chez Amazon, c'est que l'on y trouve des livres épuisés, ou peu vendus.)