vendredi 17 avril 2015

La philosophie du changement

Petit à petit, j'ai découvert que mes travaux sur le changement se rattachent à tout un courant de pensée, qui plonge dans le plus profond des temps. Un point. 

On pourrait appeler ce courant "scientifique". Pas au sens molécules et équations, mais au sens "démarche scientifique". Pour elle, la vie est une enquête, qui produit des intuitions, dont on teste la validité. Il y a beaucoup de noms attachés à ces idées : le pragmatisme, Hannah Arendt, Camus, Kant... D'ailleurs, ce n'est pas propre à l'Occident : c'est la pensée originelle des Chinois. 

Il s'en détache qu'être "homme" c'est savoir changer, au sens de ce blog. Ce changement est la recherche d'un ordre, de sens, dans le chaos. C'est ce que Camus appelle la révolte : c'est vouloir améliorer le monde. Les pragmatistes se nomment d'ailleurs "mélioristes". 

Ce changement a deux ennemis. Les théoriciens illuminés, les fous de la raison, les "possédés". Ils sont les idiots utiles des forces de la réaction. De la résistance au changement. Les privilégiés. On retrouve ici le combat des Lumières. Combat pour la liberté. La liberté, c'est penser par soi-même, disent Kant et les philosophes. Car l'arme du réactionnaire c'est la manipulation des esprits, bien plus que la force ! Il transforme les hommes en bêtes de somme.

Or, les uns ont besoin des autres. C'est parce que le privilégié veut asservir son esprit que l'homme se "révolte". Et qu'il s'améliore. Et c'est parce que l'on a besoin de privilégiés qu'il y en aura toujours. Il n'y a pas de bon canasson sans gros handicap. En bref, c'est la "lutte" du Yin et du Yang, du bien et du mal, une lutte qui ne peut pas avoir de vainqueur, car chacun est nécessaire à l'autre.

Cependant, c'est une lutte qui peut être fatale à l'humanité, si l'un des camps élimine l'autre - sans qui il ne peut vivre. Ou qui peut la faire souffrir, si l'un prend un peu trop nettement le dessus sur l'autre.