mercredi 22 avril 2015

Le vice du modèle élitiste français

Alcatel, quel désastre ? Cela commence avec Serge Tchuruk, qui liquide sa base industrielle, et se poursuit dans un cercle vicieux suicidaire. Quant au dernier dirigeant de la société, il ne semble pas avoir cru à sa propre stratégie. Et si c'était ce qui valait aujourd'hui à Nokia d'avoir gagné ? Un genre de coup de bluff ? Optimisme contre pessimisme ?

La France a eu une politique de "champions". Elle semble avoir eu trois résultats :
  • Alstom, Alcatel, Arcelor, Pechiney... des entreprises qui sont passées à l'étranger ;
  • Bull, Thomson Multimédia... quasi disparition ;
  • Crédit Lyonnais, Crédit Foncier, France Télécom, Areva et quelques autres quasi publiques : un empilage de dettes que l'Etat prend à sa charge. Il ne peut pas perdre de telles entreprises. 
Désastre qui en dit long sur la richesse de la France ? Pour avoir pu survivre à de telles saignées, notre pays doit avoir un potentiel exceptionnel ?

Cela en dit aussi long sur notre modèle de management. Comme Alcatel, toutes ces entreprises en sont arrivées là du fait d'une très grossière erreur de management. Or, elle a été commise par l'élite intellectuelle de notre nation. Par quelqu'un qui a été sélectionné pour la puissance de son intellect. Et, qui, de ce fait, se croit bien au dessus du reste de l'humanité. (Française, ou non.)

Il y a une histoire que je raconte souvent, lorsque j'explique comment redresser une entreprise. C'est celle de Sloan et de Dupont de Nemours devant relever GM de ses décombres, dans les années 20. Qu'ont-ils fait ? Ils se sont demandé ce qu'était ce machin. Après quelques décennies à se poser ce type de questions GM était devenu la plus grosse entreprise mondiale. Et s'il y avait là ce qui ne va pas dans notre modèle français ? Nos dirigeants sont des gens qui "savent". Il nous faudrait des gens qui soient capables de se poser des questions ?