lundi 25 mai 2015

Absurde, paradoxe et changement

Parler d’absurde fait penser à Camus et peut-être aux Existentialistes. En fait, l’absurde vient des philosophes grecs et de Platon, en particulier. L’absurde, c’est découvrir que ce à quoi l’on croit dur comme fer est faux. C’est en cherchant de nouvelles fondations à sa vie que l’on trouve la « vérité » disaient les Grecs. C’est pour sortir de l’absurde que l’homme pense. La philosophie naît en réaction à l’absurde.

D’où la technique du paradoxe. Il y a paradoxe lorsque quelqu’un, une société, la nature… ne se comporte pas comme il le devrait selon vous. Ce qui signifie que vous lui prêtez une logique qu’il n’a pas. Si vous détectez un paradoxe, vous devez mener une enquête. Enquête, mot clé, est l'esprit de la science. C'est chercher une modélisation, une logique, une "vérité", qui permettrait d’expliquer le phénomène curieux. Puis en déduire une expérience. Expérience, mot clé. L’expérience est ce qui permet de tester la justesse de vos idées. 

Le paradoxe est le moteur de la philosophie et de la science, et la technique première de conduite du changement.  

(Tout ceci a des bases identiques à la théorie de la complexité : la vie est un état de la "matière" à la fois organisé et capable de changer. Entre inerte et chaos. Cette organisation est son "sens" du moment, sa "vérité". La "vérité" est donc à la fois absolue dans l'espace, mais relative, dans le temps, puisqu'elle change. En termes de changement, on dit la même chose depuis 2500 ans ?)