jeudi 18 juin 2015

La culture, clé du changement

L'anthropologie est une question de culture. Et la culture détient les clés du changement... Suite de mes réflexions.

Un étudiant étranger m’écrivait il y a quelques temps (notamment) : Pensez-vous que certaines entreprises sont plus enclines que d'autres à changer ? Pourquoi ? Pensez-vous que certaines cultures acceptent plus facilement le changement ? Vos expériences à l'étranger ? 

Ce sont les vieilles entreprises qui ont la plus grande capacité à changer. Pourquoi ? Parce qu’elles ont rencontré beaucoup de crises. Elles ont dû beaucoup changer. Elles ont emmagasiné beaucoup d’expérience. Leur culture du changement est riche. C'est à dire qu'elles possèdent une grosse bibliothèque de règles qui leur permettent de se transformer.

Si l’on a l’impression que les vieilles entreprises changent difficilement, c’est parce que l’on contrarie leur nature. C’est un peu comme si l’on jetait à l'eau quelqu’un qui ne sait pas nager. Elles ne s’opposent pas au pourquoi du changement mais au comment. Si on sait les comprendre, les entreprises peuvent faire quasiment n’importe quoi. Il en est de même des peuples. 

Exemple. Les cultures nationales. Chacune a son mode de changement. Ce qui paraît évident à un Allemand par exemple ne l’est pas pour un Français, et inversement. En Allemagne, le changement, c’est d’abord se mettre d’accord sur un plan d’action. Ensuite l’appliquer impeccablement. C’est aussi le cas des pays nordiques. La France a une culture de l’exploit. Cela sous-entend de tous une grosse capacité d’improvisation. Cela donne l’impression de l’amateurisme. Mais ça peut produire des résultats spectaculaires. L’Allemand pense avant d’agir. La pensée du Français est stimulée par l’action. Tortue et lièvre. 

Exception : si l’entreprise a connu le succès trop longtemps, elle s’endort. Ou si, par exemple, pour augmenter sa rentabilité, on l’a transformée en une bureaucratie d’exécutants. Une autre dimension de la question est l’envie de changer. Les entreprises ou les nations sont comme les hommes, elles ont une sorte de caractère. Certaines sont endormies, ou ont peur, d’autres pas. Cela varie au cours du temps.