dimanche 5 juillet 2015

Les origines du communautarisme ?

Communautarisme. Les nouveaux bien pensants me montre que je n'ai pas vu que c'était une question à prendre au sérieux. D'autant que ce blog accorde beaucoup de place à la résilience et à la théorie de la complexité. Or, à y bien regarder, elles montrent le changement comme la création d'un écosystème, et un écosystème, c'est une communauté ! Le communautarisme serait-il le nom du changement que nous vivons ? Essai de modélisation...

Karl Polanyi. Pour lui la notion de marché était contre nature. Elle conduit à la destruction sociale. Chaque nation cherche, disait-il, à transmettre la patate chaude au reste de l'humanité. (En particulier, à l'époque, aux colonies. Et, c'était le facteur explicatif de la guerre.) Explication. Marché = concurrence parfaite. L'homme contre l'homme. Pour éviter cette lutte fratricide, l'union fait la force.

Mancur Olson (The logic of collective action). En situation de concurrence parfaite se forment, au sommet de la société, des oligopoles qui s'auto-contrôlent. Donc des communautés. Autrement dit le marché-chaos est entretenu par une ou des micro sociétés.

Résumé. Le marché semble provoquer la formation de communautés. Soit en action, soit en réaction. Communautés qui s'affrontent. (Ce qui rejoint l'analyse d'Hélène Strohl des nouveaux bien pensants.)

Vers une paix perpétuelle ?
Théorie de la complexité. Pour que le monde soit en bonne santé, il faut que ces communautés se complètent et se comportent comme des organes. Avec une subtilité : Kant pense (Vers la paix perpétuelle) qu'une forme de conflit est nécessaire, ou inévitable. Mais un conflit constructif, stimulant. 

Alors, ce qui se joue, c'est :
  1. l'émergence d'organes, plutôt que de communautés (i.e. complémentarité plutôt que similarité concurrente) ;
  2. le passage du refus de l'autre, à une reconnaissance mutuelle ? 
(POLANYI, Karl, The Great Transformation: The Political and Economic Origins of Our Time, Beacon Press 2001.)