mardi 11 août 2015

Jankélévitch et l'ironie

Michel Onfray parle de V. Jankélévitch. Découverte. Jankélévitch serait à Sartre ce que Socrate est à Platon. Ce qui caractérise Jankélévitch, comme Socrate, c'est l'ironie. Cette ironie est le doute qui s'insinue gentiment au milieu des certitudes, pour encourager l'homme à penser. 

Ce qui m'a rappelé P.Watzlawick et la systémique. L'ironie semble être le procédé qui, en respectant les règles d'un système, produit une contradiction. Et, justement, permet de se libérer du système. (Exemple classique : si tu dis la vérité, tu seras brûlé, si tu mens, tu seras pendu ; répondre je serais pendu fait disjoncter le bourreau. Ce qui montre que mensonge et vérité ne sont pas des lois de la nature.)

Le système semble être la maladie de la raison. C'est croire que le monde obéit à des règles. Et devenir l'esclave de ces règles. C'est l'aliénation ? Et l'ironie serait-elle le moteur du changement ? Tant qu'il y a de l'ironie, il y a de l'espoir, la société humaine sera capable de se transformer judicieusement ?  

(Ce qui m'a fait aussi réfléchir à l'humour juif. Et si c'était la réaction naturelle de gens devant naviguer au milieu de normes qui ne leur sont pas favorables ? L'ironie permet de refuser leurs conséquences aliénantes, sans, pour autant, se rebeller ? C'est accepter des règles comme nécessaires à la marche du monde, tout en niant leur justification métaphysique ?)