lundi 3 août 2015

Libérer une entreprise...

Hyacinthe Dubreuil (billet précédent) et la nouvelle mode de l'holacratie posent la question de "l'auto organisation" de l'entreprise. C'est un problème très ancien, puisqu'il est consubstantiel, par exemple, à l'existence des coopératives. Or, celles-ci ne sont pas faciles à mettre en oeuvre. Autrement dit, ce qu'affirment ces théories ne va pas de soi

Que dit la science ?
Elinor Ostrom a étudié les conditions de succès de l'auto organisation. Comme dans les exemples que donne Hyacinthe Dubreuil, elle dit que c'est le groupe qui doit avoir la volonté de s'auto-administrer. Ce type d'organisation ne peut pas lui être imposé. D'où les difficultés que rencontre l'économie sociale. (J'y ai quelques amis et y ai travaillé : c'est un panier de crabes.) Elinor Ostrom me semble identifier deux conditions favorables à la réussite d'un tel projet :
  • Une nécessité ressentie par tous, une question de survie. Par exemple, épuisement d'une zone de pêche.
  • Une sorte de modèle mathématique à paramétrer pour résoudre le problème. Par exemple, un système d'exploitation tournante des dites zones de pêche. 
A cela on peut ajouter ce que dit Dubreuil : il semble qu'il doive y avoir un "leader". Mais il doit appartenir au groupe. Fut-ce le cas de Favi, exemple toujours cité d'auto organisation : J.F. Zobrist était "un des nôtres", pas un patron extérieur ?

Inscrire le changement dans la culture ?
Au fond, l'entreprise allemande, sans faire appel au modèle de l'auto-organisation, en semble proche... Quid de la question de la culture française ? Son individualisme n'empêche-t-il pas l'auto organisation ? En fait, on retrouve chez Dubreuil et chez Proudhon le même rêve. Peut-être aussi chez Camus. Correspond-il à une tradition française ? Y a-t-il dans notre culture des formes de communautés auto organisées ? Dubreuil cite l'Imprimerie nationale. Peut-être aussi des confréries artisanales ? Des communautés paysannes ? Les Gaulois face à César ?...