jeudi 10 septembre 2015

Corbyn : hirondelle qui change l'Europe ?

"Jeremy Corbyn No More War crop" by Garry Knight from London, England - 
Jeremy Corbin [sic]. Licensed under CC BY 2.0 via Commons.
Jeremy Corbyn leader des travaillistes anglais ?

Le succès de cet inconnu surprend la presse anglaise. Car elle pensait que les travaillistes avaient été punis pour le gauchisme de M.Milliband. Or, ils iraient encore plus à gauche. On présente M.Corbyn comme un soixantehuitard fossile ayant les pires fréquentationsUn article de la Tribune fait un point sur cette question :

M.Corbyn ne devrait pas survivre longtemps ! Il a tout le monde contre lui. Et il fait tout pour cela. Ses pires ennemis sont les cadres de son parti : plutôt la droite que lui ! Pire, il prend l'opinion à rebrousse poil. Il dit le contraire des idées reçues. Surtout, il a un discours fort peu démago. Certes il veut rééquilibrer l'activité de la société en faveur des démunis, qui votent de moins en moins pour les travaillistes et de plus en plus souverainistes, écologistes ou indépendantistes écossais. Mais il veut le faire par des moyens bien tristes à l'aune du Marxisme : par exemple, il pense que le déficit anglais (très supérieur au nôtre) est lié à un cercle vicieux : le régime fiscal anglais est très favorable aux entreprises, mais le surcroît d'activité qui en résulte, dont la captation d'entreprises étrangères, ne compense pas le manque à gagner. 

S'il y a changement de la gauche anglaise, ce n'est peut-être pas celui que l'on dit. Après avoir cru au père Noël, d'abord keynésianisme irresponsable puis amour blairiste du marché tout aussi aveugle, elle entrerait en contact avec la, terne, réalité ?

Les Anglais ont été les pionniers de la libéralisation de l'économie. Ce revirement, sans lendemain ?, annonce-t-il un changement politique européen ?

(PS.
  1. Depuis que j'ai écrit ce billet, Jeremy Corbyn a été élu : une analyse des conséquences de l'événement : "one thing looks certain: British politics is about to change in a dramatic way."
  2. A y bien réfléchir, j'ai probablement tort. Le retour d'une forme de "hard left" a peut-être été annoncé par Syriza. Un changement serait en cours ? Et ses voies sont impénétrables ?)
(P2. Corbyn, à la chambre.)