dimanche 6 septembre 2015

Rationalité et réfugiés

J'entends parler France Culture de la crise des réfugiés. Je me demande si son traitement du sujet ne dessert pas sa cause. Et ne crée pas un fâcheux précédent.
  1. La photo d'un petit mort susciterait un émoi mondial. Or, il y a partout au Moyen Orient des drames humains, et on n'en dit rien. L'émotion est-elle une bonne façon de régler des questions aussi graves ? A ce sujet, je m'interroge sur ce que signifie être un photographe : je ne pense pas que, rencontrant un enfant mort, j'aurais pour réflexe de le photographier. 
  2. J'entends qu'il est inconvenant de parler des causes de cet afflux de réfugiés. Or, elles semblent bien être liées à la gestion du monde par les élites occidentales. Il est, d'ailleurs, étrange que si peu de gens sentent leur conscience concernée par des décisions qui ont provoqué des drames humains effroyables.
  3. Etrangement, les peuples européens sont traités comme des coupables par leurs élites. Ne pas accueillir ces réfugiés est être sans cœur. Mais insulter une population est-elle une bonne façon de susciter sa solidarité ? Ne serait-il pas préférable 1) de commencer par reconnaître que les politiques de nos élites ont été, pour le moins, maladroites, 2) de compatir un rien avec les difficultés des Européens ?