mercredi 11 novembre 2015

Faut-il changer sans en parler ?

La malédiction qui frappe le changement en France... Nouvel épisode de mes réflexions... 

Paradoxe. Quand je discute en face à face avec des opérationnels ou des patrons, on se comprend fort bien. On arrive immédiatement dans le vif du sujet. Mais lorsque je parle de changement dans une conférence, ou dans un livre, je ressens de la méfiance. Mais de quoi se méfie-t-on ? Il ne s'agit que de mon expérience ou de techniques qui ont pignon sur rue depuis des décennies !

D'ailleurs, quand quelqu'un me dit aimer un de mes livres, c'est pour tout sauf ce que ce livre avait pour ambition d'apporter à l'humanité ! En particulier, on regrette souvent que je n'écrive pas de romans. 

Ce qui a fini par me rappeler une histoire survenue en début de carrière. Je cherchais des arguments rationnels pour convaincre mon grand patron qu'il devait attaquer un nouveau marché, colossal. Rien n'y faisait. Jusqu'à ce que je comprenne que c'était un visionnaire qui aimait les "beaux projets" et que l'actionnaire de référence de l'entreprise, son supérieur dans les faits, lui, cherchait à augmenter la valeur de la société. Je me suis alors débrouillé pour faire savoir à ce dernier qu'il y avait énormément à gagner dans mon "beau projet", pour qu'il passe comme une lettre à la poste. 

C'est aussi l'histoire de Parmentier ? Le Français se méfie des belles paroles, des paroles officielles ? Paroles d'une autorité qui sert ses intérêt, à elle, mais pas à lui ? 

Conclusion. Si vous voulez faire le changement en France, il ne faut pas le dire ? Il faut discuter d'homme à homme avec ceux qui possèdent les clés de la transformation ?