dimanche 22 novembre 2015

Guerre au désespoir

Le gouvernement fait fausse route dit le philosophe Bernard Stiegler. Plus exactement, s'il joue les matamores c'est pour masquer son échec. Car, s'il y a guerre, elle est économique. La raison des attentats c'est "l'absence d'avenir de nos enfants". Sa cause, c'est la "disruption", le mot d'ordre de la Silicon Valley, dont une des formes est l'ubérisation. "Il s'agit d'aller plus vite que les sociétés pour leur imposer des modèles qui détruisent les structures sociales." Dans cette société devenue absurde, les jeunes n'ont plus "la moindre perspective". Réaction : "nous sommes tous soumis à cette tendance, qui consiste à trouver des boucs émissaires, à ne pas réfléchir, à cogner". 

"Ce n'est qu'en projetant un véritable avenir pour la planète que l'on pourra combattre Daech, c'est à dire le désespoir."

(L'article du Monde. Par ailleurs, Emmanuel Macron pourrait partager ce point de vue : "Nous avons une part de responsabilité, parce que ce totalitarisme se nourrit de la défiance que nous avons laissée s’installer dans la société". Cependant, les moyens que l'un et l'autre envisagent pour résoudre ce problème sont probablement différents.)