jeudi 19 novembre 2015

Mon métier

Que fais-je ? Il est parfois utile de se poser cette question. Il me semble que cela peut permettre de s’améliorer. Exercice :

A l’origine de mes missions : un problème de pérennité d’une entreprise, grande ou petite. Ce qui le rend difficile à résoudre, c’est que le dirigeant en est une partie… D’une part, il a la solution en lui, mais il ne le sait pas. D’autre part, il y a plusieurs façons de transformer l’entreprise. Mais seule celle qui lui convient peut réussir. Or, il n’a pas idée de ce qui lui va. Pire, ce qu’il en dit est le résultat de l’influence sociale (« transformation numérique »), mais pas de ses convictions propres. C’est d’ailleurs pour cela qu’il n’arrive pas à résoudre son problème.
Mon rôle est de créer les conditions qui lui permettront de se tirer d’affaire.
Ce qui ne va pas de soi. Car mon arrivée complique la question ! En effet, nous sommes tous les deux en face de la même difficulté. Nous ne savons pas ce que nous savons et qui pourrait être utile à l’autre ! Brouillard total. Depuis toujours, je dis que ma seule certitude est que ce que je crois est faux.
Dans ce brouillard, il n’y a pas de méthode mais quelques repères.

Aveugle et paralytique
Tout d’abord expliquer ce qui précède. Cela a une conséquence très importante : pour réussir, dirigeant et consultant doivent se considérer comme une équipe. Chacun a quelque-chose dont l’autre à besoin. Mais l’aide de l’autre est nécessaire pour le trouver.
Le fil conducteur de la mission, c’est faire parler le dirigeant de la stratégie de l’entreprise et de la sienne propre. Si possible en partant de ce qui le motive : ses frustrations. On passe du conscient à l’inconscient en exploitant les « paradoxes » de son discours. Ces paradoxes signifient que je ne le comprends pas. Il y a quelque-chose qui lui paraît tellement évident qu’il n’a pas pensé à me le dire. Votre entreprise semble avoir telle ou telle force, pourquoi ne l’exploitez-vous pas pour faire ceci ? Au fur et à mesure qu’il répond à de telles questions, ma vision de la situation se transforme. Généralement radicalement. (La technique du paradoxe marche dans les deux sens.)
Parallèlement, il y a un travail à faire sur les mots, dont il faut se méfier. Surtout des plus ordinaires. Il est rare qu’ils aient le même sens pour vous et pour moi. Qu’entendez-vous par « stratégie » ? Prendre des exemples permet de clarifier les choses.
Finalement, une fois que l’on a trouvé ce qui manque au dirigeant, il faut qu’il l’acquière rapidement. Il n’y a pas mieux que l’expérience. La théorie n’est pas efficace, il faut qu’il se fasse sa propre conviction. D’où question : comment accélérer le processus ?

Qu’est-ce que j’apporte ? Deux choses, d’après ce que l’on m’a dit. En premier lieu quelqu’un avec qui discuter. Ensuite une quantité d’exemples et leurs techniques associées. Ce que vous me dîtes me fait penser à telle mission, on a utilisé telle technique…