dimanche 8 novembre 2015

Triangle de Karpman

Si vous fréquentez les coachs, vous entendrez parler du triangle de Karpman. A ses sommets : victime, persécuteur et sauveur. Le coach ordinaire l'utilise pour prouver à la "victime "qu'elle est coupable. Soit qu'elle a bien cherché ce qui lui est arrivé, soit qu'elle peut aisément changer de rôle, donc devenir persécuteur. Idem pour le sauveur. 

Comme souvent, ce que l'on dit ne reflète que nos préjugés ? Ici : l'homme est mauvais ?

Mais, au fait, qui a démontré que le dit triangle était une loi de la nature ? A-t-on vérifié qui était ce fameux Karpman ? Pourquoi lui fait-on une confiance aveugle, alors qu'il existe bien des scientifiques sérieux dont on se méfie ? D'ailleurs, existe-t-il des lois de la nature ? Serions-nous déterminés ? Pensez-vous que cela ait un sens de définir un homme par un mot : "victime", "sauveur" ou autre ?

Curieusement, le coach n'a pas entendu parler de Martin Seligman. Celui-ci constate que si vous connaissez des échecs à répétition, ce que le coach traduit en "victime", c'est parce que votre modélisation inconsciente du monde vous donne de mauvais conseils. Votre comportement n'est plus adapté au monde qui vous entoure. Vous n'êtes pas "victime" mais "dépressif". Si vous parvenez à faire évoluer correctement cette modélisation interne, vous vous remettrez à obtenir ce que vous voulez. Vous deviendrez "optimiste". 

Pour ma part, il me semble qu'il y a des gens qui ont des difficultés, et qui méritent un coup de main pour s'en tirer...

(Je souligne au passage que Martin Seligman est un des très rares psychologues à avoir produit une théorie "falsifiable", qui a été testée.)