vendredi 25 décembre 2015

La philosophie, éternelle répétition ?

La pensée de Bergson parle de thèmes que l'on trouve chez Hannah Arendt. Elle les attribue aux Grecs. Par exemple les notions de bête de somme, état de l’homme moderne, et de vie contemplative, dimension perdue de l’existence présente, qui était son faîte selon les Grecs. Bergson dit aussi que, s'il plonge en soi, l'homme comprendra l'univers, puisque l'un et l'autre sont faits de la même pâte. Les Stoïciens et le Taôisme pensent comme lui. 

Bergson a aussi été l'homme de son temps. Bien des auteurs de l'époque ont écrit sur l'introspection, à commencer par Proust. Mais ce temps semble aussi être allé un peu loin vers le spiritualisme. Ne serait-ce que parce que l'Allemagne a cherché à régénérer le monde par l'expérience existentielle qu'est la rencontre du néant (CF. Heidegger)...

Bergson inutile ?
Est-ce l'invention qui doit faire la gloire du penseur, ou l'utilité ? La pensée mondiale semble osciller entre des pôles opposés, il convient de rester entre Charybde et Scylla. Pour l'homme ces pôles sont peut être le matériel et le spirituel. Bergson a réagi au Kantisme qui transformait l'homme en chose. Ce qui était utile.

C'est d'ailleurs comme cela que je vois mes travaux. Rien de neuf. C'est dit depuis des millénaires. Mais on a oublié. C'est grave. 

(Question : y a-t-il "progrès" ? Redécouvre-t-on toujours les mêmes idées ? Nous appauvrissons-nous ? Ou nous empilons : les anciennes idées utilisant comme échasses les nouvelles découvertes ? Pour ma part j'entends "progrès" au sens des Lumières : la maîtrise progressive d'une innovation : la raison. Ce serait le sens d'une histoire qui n'aurait pas de sens. Dans ces conditions l'originalité de Bergson serait, peut-être, sa définition de la durée et du temps. Réaction aux concepts scientifique, elle n'aurait pu être sans la science, le progrès.)