dimanche 27 décembre 2015

Le problème que pose la déchéance de nationalité

Voici ce qu'écrit Stefan Zweig, l'apatride, avant son suicide. (Le monde d'hier.) Lui qui s'était cru citoyen du monde. 

"Quelque chose de mon identité naturelle et de mon moi primitif et essentiel demeura à jamais détruit () j'ai aujourd'hui constamment le sentiment que je devrais témoigner une reconnaissance particulière à chaque aspiration d'air que je soustrais à un peuple étranger.

Et, un peu avant : "rien ne rend plus sensible le formidable recul qu'a marqué le monde depuis la première guerre mondiale que les restrictions apportées à la liberté de mouvement des hommes et généralement à leurs droits () Ce ne fut qu'après guerre que le nationalisme se mit à bouleverser le monde, et le premier phénomène visible qui s'en manifesta fut cette épidémie morale de notre société, la xénophobie : la haine ou, tout au moins, la crainte de l'étranger."

On ne peut plus être apatride aujourd'hui. Pourquoi ? Peut-être parce que c'est le sort qu'Hitler a réservé aux Juifs. Et qu'on a estimé qu'un homme puisse priver un autre homme d'une partie de son être constituait un crime contre l'Humanité. 
Three years prior to the 1951 Refugee Convention, the Universal Declaration on Human Rights (UDHR) was adopted. this provides both for a right to asylum (article 14) and a right to nationality (article 15). The UDHR also expressly prohibited arbitrary deprivation of nationality, something which had affected many of the war-time refugees (Wikipedia)
Et si jouer avec la question de la nationalité demandait plus qu'un claquement de doigts présidentiels ?

(Remarques complémentaires :
  • M.Valls semble croire que les "grandes valeurs" sont vides de sens... 
  • Il s'agirait d'une manœuvre politicienne, qui aurait explosé au visage du gouvernement : il espérait que le conseil d'Etat refuserait la mesure.
  • Curieusement, lorsque j'entends  la radio parler des antécédents de la mesure, elle évoque Pétain, mais pas Hitler, pas plus qu'elle ne parle de la Déclaration universelle des droits de l'homme, qui a jugé qu'elle devait régler la question en urgence.)