vendredi 1 janvier 2016

2016 : la liberté guidant les peuples ?

Un des mots de 2015 a été liberté. Toutes les modes de management du moment en parlent. C'est la bureaucratie qui étouffe l'entreprise. Libérons l'initiative. Et l’individu aspire à se réaliser dans son travail. Fini l’homme – coût. Vive l’homme – richesse.

Ce mouvement paraît correspondre à une puissante aspiration de notre société. Nouvel individualisme contemporain. « La désaffection des jeunes pour la politique est connue et n'est pas seulement conjoncturelle. Parce que cette génération va au bout du nouvel individualisme contemporain. Elle est née au tournant des années quatre-vingt quand la France a connu une progression de l'instruction très significative. 33 % d'une classe d'âge avait le bac à la fin du septennat Giscard d'Estaing. En 1995, on était passé à 65 %. Instruite et cultivée, cette nouvelle génération ne veut pas que sa liberté soit limitée, que ce soit par une transcendance religieuse (ils sont largement a-religieux) ou par une instance sociale (l'idée de nation est en déclin). » (L’Opinion, Hakim el Karoui, 30 Novembre 2015.)

Aspiration à l'anarchie ? Les attentats du 13 novembre sont attribués au « désespoir ». La réussite du FN aux élections régionales serait due au besoin d'un projet collectif. Pour s’épanouir, il faut à l'homme une société qui fonctionne. Elle doit avoir un sens, un projet. Podemos en dit peut-être long sur les attentes de notre portion d'humanité. C'est un mouvement "citoyen", qui porte des idées neuves. A bas ce monde mesquin de petits calculs ? A nous une société jeune, solidaire et ouverte sur le monde ?