mardi 19 janvier 2016

Les deux visages d'Hannah Arendt

Le hasard m'a fait découvrir Hannah Arendt. Sans trop le vouloir, je me suis mis à lire ses livres les uns après les autres. Ce qui me frappe est une impression. Il existe deux Hannah Arendt. 

Il y a Hannah Arendt polémiste, qui réagit à l'actualité et la décode. Il y a Hannah Arendt théoricienne, qui me semble marcher dans les pas d'Heidegger. Ces deux pensées me frappent comme étant contradictoires. La première est pragmatique, ancrée dans son temps, la seconde est utopique, "nihiliste" (un terme qui l'aurait surprise, car elle le combattait). 

J'ai eu la même impression lorque Michel Onfray parlait de Jankélévitch. Son travail philosophique est humaniste, mais, lorsqu'il s'agit de l'Allemagne, il lui refuse une place parmi les hommes. 

Et si tout ceci avait une cohérence ? Tous les deux suivent leur instinct ? L'oeuvre d'Hannah Arendt est orientée par la question du jugement. Et si son comportement montrait que, chez le philosophe, l'inconscient décide ? Heidegger a été l'amour de sa vie, et elle l'a défendu toute sa vie. Pour le reste, c'est sa culture, son expérience, qui parlaient. Il en est de même de V. Jankélévitch ?

La philosophie "amour de la raison", serait-elle devenue "amour de la déraison", ou "justification de la déraison" ? De la difficulté de faire de la philosophie autre chose qu'un sophisme ?