lundi 22 février 2016

Changement, colonies et générosité

Nos ex colonies n'ont-elles pas été prises entre Charybde et Scylla ? Une hypothèse. D'un côté, une pensée de gauche croyait voir triompher ses utopies. Les opprimés libérés, auxquels elle s'identifiait, produiraient le paradis sur terre. D'un autre, la pensée de droite. Elle voulait punir les colonisés de leur ingratitude. Elle conjecturait qu'ils auraient bien des difficultés. Car on avait plaqué sur eux un modèle qui ne correspondait pas à leur culture, et qu'il nous avait fallu des siècles pour mettre au point. Sans notre aide, ils ne pouvaient pas s'en sortir.

Comme souvent ce n'est pas cet exemple qui m'intéresse, mais la généralisation qui peut en être tirée. La voilà :
  • Pouvoir prévoir juste est la marque de la défaite de l'humanité. Car c'est laisser un piège se refermer sur des êtres humains. On ne peut prévoir avec une bonne certitude qu'un malheur.
  • Le propre de l'homme est de changer le monde. Mais, pour cela, il doit se changer en premier. De la perte de l'autre, il doit souhaiter son succès. Et prendre l'autre tel qu'il est. Pas vouloir l'enfermer dans une utopie.
La générosité condition nécessaire du changement bénéfique ?