samedi 7 mai 2016

Trump for President

Trump peut-il être le prochain président américain ? Les sondages disent non. Mais qui croit encore aux sondages? Ce qui caractérise M.Trump, c'est de les faire mentir. 

Uphill battle
Il a tout de même de sérieux obstacles en face de lui. 
  • La démographie. S'il a un ennemi, c'est la démographie. Il défend le Blanc traditionnel, alors que celui-ci est devenu une minorité. 
  • La communication. S'il a réussi un exploit, c'est celui de s'être fait entendre sans budget de communication. Je pensais que c'était impossible. J'ai toujours été surpris par l'efficacité de la publicité aux USA. Elle change l'opinion de l'électeur américain. Avant pub, il est contre les OGM, après pub : il vote pour... Eh bien, cette fois, cela n'a pas marché. La stratégie de provocation de Trump (comme celle de M.Le Pen) lui a valu de s'installer dans les médias et de toucher le mécontent. Mais, encore une fois, ce type de message ne peut séduire la majorité des Américains. 
La présidence ? Une question de définition
Le nom du jeu, c'est "élites". Mme Clinton représente les élites, au sens français du terme. Des gens qui, même s'il sont très riches, comme les banquiers, doivent leur succès à leurs études. (Dans ce groupe se trouvent les libertaires du numérique. Ils doivent leur fortune aux banquiers qui les financent, et qui ont la même éducation et les mêmes valeurs qu'eux.) Leur fonds de commerce électoral, c'est l'opprimé, le marginal : femmes, homosexuels, artistes, Américains non blancs, immigrés... De l'autre, il y a l'Amérique traditionnelle (de Sarkozy !), celle qui se définit par le travail, dur, des gens "qui se sont faits eux-mêmes", même s'ils sont très riches. C'est la classe qui se dit "moyenne", parce qu'elle est entre celle qui pense être, de naissance, supérieure, et l'exploité.

La règle du jeu sera une question de définition implicite. La communication visera à faire s'identifier "le marginal" à la "classe moyenne", et inversement.

(PS. Difficile de prévoir. Comme un peu partout en Occident, les candidats se caractérisent par leur impopularité, plutôt que par leur popularité.)