dimanche 10 juillet 2016

La flexibilité comme dogme

Je suis surpris. Je lis un livre d'il y a deux décennies. Il y est dit que la production doit devenir "flexible", un "centre de profit". Alors qu'elle est considérée comme un mal nécessaire.Aujourd'hui, la production est flexible. Mais on entend toujours ces arguments. Mais cette fois, ils sont appliqués à tout ce qu'il reste de ce qui semblait des coûts fixes : de la DRH à la gestion des sinistres. 

Ce qu'il y a de plus étrange, pour moi, c'est que cela fait exactement écho à ce que disait Hayek. Pour lui, le monde était en recomposition instantanée. La culture étudiée en anthropologie et la société n'existaient pas, elles se recréaient sans cesse. Lorsqu'il a dit cela, c'était faux. Mais sa prédiction semble avoir été auto réalisatrice. Je serais tenté de me demander s'il ne s'est pas fait la voix d'intérêts puissants. 

Son analyse avait inspirée à Mme Thatcher son fameux "there is no such thing as society". Je me demande s'ils n'avaient pas tous les deux tort. La flexibilisation de notre univers ne signifie pas la disparition de la société, mais, au contraire, le renouveau de l'interdépendance. Plus ça va, plus il va devenir difficile d'ignorer la pression sociale. Et le système qui se constitue n'est pas celui du marché, le chaos, qu'avait probablement en tête Hayek, car son principe pourrait être la solidarité.