samedi 16 juillet 2016

Les sept couleurs

Le hasard me fait découvrir un livre de Brasillach. (Brasillach, Robert, Les sept couleurs, le livre de poche, 1939.) J'avais entendu dire qu'il avait été un écrivain de talent. Et, aussi que certains estimaient que de Gaulle avait été un peu sévère avec lui, en le condamnant à mort pour faits de collaboration. Qu'en est-il ?

Selon moi, ce livre est calamiteux, et ridicule. Les sept couleurs, ce sont sept procédés d'écriture. C'est en les mélangeant mécaniquement que l'on obtient un chef d’œuvre, semble croire Brasillach. Pour le reste, c'est l'histoire d'une femme et de deux hommes. Des personnages sans goût et sans saveur, sans existence. La femme cause, sans vraiment le vouloir, des désillusions aux hommes, ce qui les amène, par dépit et à tour de rôle, à s'engager dans la légion, ou à faire la guerre (d'Espagne, à côté de Franco). Ce livre a manqué de peu le prix Goncourt.

Calamiteux, mais pas sans intérêt. Car on voit dans ce livre de 39, un fascisme ayant pignon sur rue, à une époque où l'on ne savait pas encore ce qu'il allait provoquer. On y rencontre même Hitler, confondant de "gentillesse" !, et son regard triste d'homme qui sait qu'il a le sort du monde sur les épaules. Et ce qui est inattendu est qu'à la vénération des nationalités, et à Hitler, près, ce qui est écrit ici ressemble beaucoup à ce que l'on dit aujourd'hui en France. Et que la gauche, à laquelle elle s'oppose, ressemble étrangement à la nôtre. On parlait déjà à cette époque de mariage pour tous, et de culture...

Dommage que l'on ne lise plus les ouvrages d'entre deux guerres ? Cela aurait-il pu nous éviter de répéter les erreurs de nos ancêtres ?