lundi 8 août 2016

Aime, et fais ce que tu veux

Et si la phrase de Saint Augustin, "Aime, et fais ce que tu veux" avait été détournée ? Comme j'aime le monde, j'ai le droit d'y intervenir comme bon me semble, a-t-on peut-être pensé. Comme j'aime le poulet, je peux en manger sans trouble de conscience. "L'empathie", dont il est tant question, est devenu un permis de tuer, ou de réduire en esclavage. 

Aimer a peut-être un autre sens. Aimer c'est reconnaître la particularité de l'autre. C'est entrer dans sa logique et dans ses raisons. Une fois qu'on les a comprises quoi faire pour aider l'autre devient évident. 

Sauf que l'autre n'est jamais totalement compréhensible. Si bien qu'il faut être en permanence sur ses gardes. 

Finalement, "amour" est-il le terme adéquat ? Et si l'on utilisait le "awe" des Anglais que jadis on traduisait par "horreur". C'est à la fois la crainte et l'émerveillement. C'est le sentiment que l'on a lorsque l'on rencontre un dieu au détour d'un sentier, disait un de mes enseignants.