mercredi 24 août 2016

La science en panne d'inspiration ?

La supersymétrie boit un bouillon. C'était une théorie qui voulait, en quelque sorte, que les constituants élémentaires du monde aient certaines caractéristiques parce que c'était "naturel". Eh bien, ce n'est pas le cas. 

Depuis que j'ai rencontré, dans les années 80, des physiciens éminents enlisés dans la théorie des cordes, je me demande si la physique n'a pas usé son inspiration. Elle a connu une marche triomphale. Il a semblé à l'Occident qu'il existait ce que les Lumières appelaient des "lois naturelles", et que ces lois pouvaient être comprises par l'esprit. Comme pour Einstein, l'idée précédait la découverte. On avait trouvé l'âme des choses, ou, peut-être, l'avions-nous en nous. Et cela a produit plusieurs siècles de progrès scientifiques époustouflants.

Que va-t-il arriver maintenant ? Peut-être la science va-t-elle devenir pragmatique : elle va abandonner sa prétention à comprendre, et chercher des "explications qui marchent" ? Peut-être aussi va-t-elle courir de grands risques : ce qui l'a portée a été une forme de foi, celle-ci est maintenant morte. Le physicien paraît désormais un être bizarre, extrêmement coûteux, dont l'utilité est discutable.