mardi 13 septembre 2016

Les vertus de la démocratie anglo-saxonne

Il y a longtemps j'ai lu le travail d'un anthropologue sur le Rwanda. Il disait que la cause de ses malheurs était la démocratie. Avant l'arrivée du colonisateur, chaque composante ethnique du pays occupait une sorte de niche écologique, une fonction, ensuite tout le monde a été mis sur un pied d'égalité. La logique de l'affrontement s'est substituée à celle de la complémentarité.

La démocratie semble avoir cet effet. Y compris chez les Grecs, où elle a été inventée. Déjà on y voyait un affrontement entre le peuple et les oligarques. Mais alors, comment se fait-il que le modèle anglo-saxon résiste aussi bien, depuis aussi longtemps (en Angleterre), alors qu'il est extraordinairement inégalitaire ? 

Quelques idées :
  • Anthropologie. Le modèle démocratique actuel est un modèle culturel anglo-saxon. Il est stable dans le monde anglo-saxon par construction, donc. En revanche, ailleurs, il doit cohabiter avec des "hypothèses fondamentales" (la culture réelle), incompatibles. (Modèle d'Edgar Schein.)
  • Modèle de Mancur Olson. Une société d'individus obéissant à leur intérêt propre tend à être dominée par des oligopoles. L'intérêt est efficace pour rendre solidaire un petit groupe de privilégiés, et désorganiser une majorité d'exploités.
  • Multiculturalisme. Si on adjoint le droit de vote au modèle précédent, quand la misère frappe, la majorité s'unit. Alors, stabilisateur = multiculturalisme ? Des communautés ayant des identités fortes ne peuvent s'allier ? (Nécessaire émigration et immigration ?) 
(Mancur Olson propose une modélisation plus subtile que celle-là : une culture de l'intérêt produit des coalitions d'intérêt, partout, pas uniquement au sommet. De ce fait, l'immigration, qui permet de casser ces solidarités, est nécessaire pour que la société ne se sclérose pas.)