samedi 24 septembre 2016

Shakespeare l'italien

Un spécialiste de Shakespeare me dit qu'il a fait l'objet des théories les plus fumeuses. Il y a eu l'interprétation psychanalytique d'Hamlet (elle se retrouve dans l'Hamlet de Lawrence Olivier : Hamlet veut coucher avec sa mère). Surtout, depuis 1857 a surgi l'idée selon laquelle Shakespeare n'a rien écrit. Dernièrement, on a attribué son œuvre à un Italien. Le plus curieux est qu'il suffit de lire Shakespeare pour voir l'erreur :
un des arguments les plus souvent rencontrés (...) consiste à affirmer que l’auteur avait une connaissance foisonnante de la géographie de l’Europe, particulièrement de l’Italie. (Or) Il fait de l’Aquitaine une province de la Navarre, met un duc à la tête de l’empire d’Autriche, et un autre à Venise, situe la Bohême au bord de la mer, la Pologne dans l’Arctique, Padoue en Lombardie, le reliquaire de saint Jacques de Compostelle à Florence. À l’exception du Rialto, dans Le Marchand de Venise, dont on ne sait pas s’il désigne le pont, le marché, ou un lieu non précisé, aucun nom de rue ni de place publique ne figure dans les pièces italiennes, aucun nom d’église à l’exception de l’église Saint-Pierre de Vérone qui n’a jamais existé. Dans Les deux Gentilshommes de Vérone Valentin se rend de Vérone à Milan par la voie maritime et attend la marée pour s’embarquer.
Mais personne ne l'a fait. Et si les grandes idées qui nous gouvernent avaient aussi peu de fondements ?