dimanche 9 octobre 2016

Trump et l'American pride

Pauvre Trump ! Il a la presse contre lui, et elle met des moyens considérables à fouiller son passé. Cette fois-ci on a découvert qu'il tenait des propos sexistes. En France, la presse reprend unanimement la nouvelle, en disant qu'il est plombé. Aux USA, grande leçon de journalisme, cette même presse qui le combat enquête, honnêtement. (The Atlantic.) Et elle découvre que la femme moyenne aime Trump ! Y compris sa première femme, avec qui il s'est battu dans un divorce féroce. Pourquoi ? Parce que c'est un homme qui traite tout le monde aussi mal, sans discrimination. Il ne comprend que la force, mais il respecte les forts, comme des égaux, quel que soit leur sexe, et leur origine ?

Trump, c'est la résurgence d'un modèle d'homme dont les films d'après guerre étaient pleins. Peut-être aussi un type d'homme que fait revivre Clint Eastwood. C'est un mauvais garçon, mais "il a un cœur gros comme ça". Il parle mal, mais il agit bien. Et, à la fin, il est capable de donner sa vie pour le bien public. 

C'est un homme sans malice, tel que les mères aiment à le manipuler. "Il n'est pas très malin, mais il est tellement gentil." Et cela se voit dans ce qu'il ne fait pas subir à Mme Clinton ce à quoi il est soumis. Car quelle proportion de la population peut s'identifier à Madame Clinton, faire de son désert existentiel un modèle ? Sauf à la plaindre pour les frasques de Bill, qui n'a pas grand chose à envier à Donald ?

Trump, c'est le réveil de l'Amérique éternelle qui découvre qu'elle s'est faite blouser. Les belles paroles des intellos lui ont fait prendre des vessies pour des lanternes. Ce n'est pas "make America great again", c'est "make America proud again". American pride, comme il y a gay pride. Il y a peu de chances que le dégel soit suffisant pour qu'il gagne. En tout cas, il aura réussi un exploit : détourner le débat électoral du sujet principal : sa compétence.