vendredi 9 décembre 2016

Injonction paradoxale

Un dirigeant approche l’âge de la retraite, est fort stressé par un travail de tous les instants, a besoin d’argent, et aimerait bien vendre son entreprise. Mais il veut aussi imposer à son acquéreur sa façon, difficile à comprendre, de faire les choses. Façon qui rend son affaire très, très, peu rentable, par ailleurs. Car son affaire, c'est sa vie. Que dis-je ? une œuvre d'art.

J’ai l’impression que beaucoup d’entre-nous, dirigeants ou non, sommes dans ce cas. Nous sommes mus par une « volonté de puissance ». Nous voulons plier le monde à notre volonté. Car nous avons raison. Nos parents ne nous ont-ils pas encouragés à n'en faire qu'à notre tête ? Interdit d'interdire. Mais nous sommes rappelés à l’ordre par la réalité matérielle...

Et si nous avions mis tout à l'envers ? Et si nous devions chercher le bonheur dans notre vie privée, et pas dans nos affaires ? Et si, du coup, cela nous permettait de comprendre que l'autre n'est pas un ennemi ? Qu'il est, au contraire, celui dont nous avons besoin pour nous soulager de tout ce qui nous fait souffrir ? Et, si, de manière imprévue, c'était ainsi que l'on finissait par réaliser nos rêves de puissance ?